Patmos

Carte de Patmos

Patmos, l'une des douze îles grecques originelles du Dodécanèse, est riche en histoire et en beauté naturelle. Cette petite île vallonnée (34.6 kilomètres carrés) fut peuplée dès 500 av. J.-C. par les Doriens, puis par les Ioniens, puis par les Romains à partir du IIe siècle av. J.-C. Les plus anciens temples connus sur l'île étaient le sanctuaire de la déesse Diane, datant du IVe siècle av. J.-C., et un temple d'Apollon. Les spécialistes soupçonnent que le nom de Patmos dérive de Latmos, ou mont Latmos en Turquie, où la déesse était vénérée (Diane est le nom romain d'Artémis, la sœur d'Apollon). Sous la domination romaine, l'île déclina, sa population diminua et servit de lieu de bannissement pour les criminels et les fauteurs de troubles politiques et religieux. En 2 apr. J.-C., saint Jean le Théologien, l'un des douze disciples de Jésus, fut envoyé en exil sur l'île. Saint Jean resta dix-huit mois sur l'île, vivant dans une grotte sous le temple de Diane, perché au sommet d'une colline. Cette grotte présente une fissure, ou un petit trou dans la paroi rocheuse, d'où jaillirent une série de messages oraculaires que Prochore, un disciple de saint Jean, transcrivit pour former le chapitre biblique de l'Apocalypse. Saint Jean composa également le quatrième Évangile durant son séjour dans la grotte sacrée, aujourd'hui connue sous le nom de Sainte Grotte de l'Apocalypse.

En 313 apr. J.-C., le christianisme fut officiellement reconnu comme religion de l'Empire romain et, à partir de cette époque, la nouvelle foi se répandit rapidement dans les îles grecques. L'empire chrétien oriental de Byzance exerça son contrôle sur l'île de Patmos et, au IVe siècle, les vestiges de l'ancien sanctuaire de Diane furent utilisés par des moines pour construire une église dédiée à Saint-Jean. Cette église fut érigée directement sur les fondations de l'ancien temple de Diane. Entre le VIe et le IXe siècle, l'église fut détruite lorsque l'île fut soumise à de fréquentes incursions arabes.

Laissée à l'abandon après ces raids, Patmos entra dans l'histoire en 1088 lorsqu'un empereur byzantin concéda l'île au moine Christodolus, qui souhaitait y fonder un monastère. Construit sur les vestiges de l'ancienne église et du sanctuaire de Diane, plus ancien, le monastère Saint-Jean est en activité depuis plus de 900 ans. Soumis aux incursions des Sarrasins et des pirates normands aux XIe et XIIe siècles, le monastère fut fréquemment agrandi et fortifié, lui conférant l'allure de château qu'il conserve aujourd'hui. Le monastère conserve certaines des transcriptions les plus anciennes et les plus précises des premiers philosophes grecs, dont Aristote. La petite ville de Hora, qui entoure le monastère, date en grande partie du milieu du XVIIe siècle, et son réseau de rues labyrinthiques a été conçu pour semer la confusion chez les pirates qui tentaient d'attaquer la ville et le monastère.

Cet essai n'a pas pour but d'analyser le chapitre biblique de l'Apocalypse, un texte qui a subi de nombreuses suppressions, ajouts et modifications depuis sa prétendue rédaction par saint Jean (certaines résultant de la difficulté de traduire le grec en anglais et dans d'autres langues). L'auteur souhaite plutôt attirer l'attention sur des lieux précis de la Terre où des êtres humains ont eu des visions prémonitoires ou reçu des messages concernant l'avenir. Presque toutes les traditions religieuses du monde possèdent des légendes concernant de tels lieux, et cette universalité révèle un mystère que ni les théologiens de ces religions ni la communauté scientifique n'ont encore réussi à expliquer.

Pourquoi certaines personnes, en séjournant dans ces lieux, semblent-elles percevoir l'avenir ? Est-ce le pouvoir des esprits de la terre, une anomalie géophysique, la présence d'une divinité ou d'un ange, le développement spirituel de la personne concernée, ou une combinaison de tous ces facteurs ? Il est intéressant de noter qu'un dénominateur commun relie presque toutes les visions prémonitoires et les messages révélés associés à ces sites sacrés : leur souci (aussi métaphorique soit-il) de la pérennité et de la protection de la vie sur la planète. 

L'auteur émet l'hypothèse que la Terre est un être conscient qui communique, à des humains particulièrement réceptifs, des informations importantes pour eux et leurs communautés. À un degré ou à un autre, certains lecteurs de ce site web ont vécu de telles expériences. Que ces communications proviennent d'un lieu sacré reconnu ou d'un lieu de pouvoir personnel, qu'elles soient adressées à un individu ou à l'humanité dans son ensemble, et que leur origine soit interprétée comme angélique, terrestre ou intuitive, il est indéniable que nous, les humains, servons souvent de canaux de communication pour des voix et des visions qui dépassent notre esprit.

Le monastère de Saint-Jean au-dessus du village de Hora, île de Patmos, Grèce
Moine orthodoxe grec et prêtre, Grotte Sainte de la Révélation, Patmos
Martin Gray

Martin Gray est une anthropologue culturelle, écrivaine et photographe spécialisée dans l'étude des traditions de pèlerinage et des sites sacrés à travers le monde. Pendant une période de 40 ans, il a visité plus de 2000 lieux de pèlerinage dans 160 pays. Le Guide de pèlerinage mondial à Sacredsites.com est la source d'information la plus complète sur ce sujet.