Takht-e Suleiman
Situé dans une région montagneuse du nord-ouest de l'Iran, à 42 kilomètres au nord du village de Takab, Takht-e Suleiman (le « Trône de Salomon ») est l'un des sites sacrés les plus fascinants et les plus énigmatiques d'Iran. Son cadre et son relief ont dû inspirer l'imaginaire mythique de l'esprit archaïque. Niché dans une petite vallée, au centre d'une colline de pierre plate dominant de vingt mètres les terres environnantes, se trouve un petit lac d'une beauté mystérieuse. D'une clarté éclatante, mais aussi sombre que la nuit en raison de sa profondeur, ses eaux sont alimentées par une source cachée loin sous la surface. De tels lieux étaient connus dans les temps légendaires comme des portes vers le monde souterrain, des demeures d'esprits de la terre.
Des études archéologiques ont montré que des établissements humains existaient dans la région immédiate depuis au moins le Ier millénaire avant J.-C., les plus anciens vestiges de construction sur le monticule lacustre datant de la culture achéménide (1-559 avant J.-C.). C'est à cette époque que fut construit le temple du feu d'Adur Gushasp (Azargoshnasb), qui devint l'un des plus grands sanctuaires religieux du zoroastrisme, fonctionnant sous trois dynasties (achéménide, parthe et sassanide) pendant près de mille ans. Au début de la période sassanide, au IIIe siècle après J.-C., l'ensemble du plateau fut fortifié par une muraille massive et 330 tours. À la fin de l'époque sassanide, notamment sous les règnes de Khosrow-Anushirvan (3-38 apr. J.-C.) et de Khosrow II (531-579 apr. J.-C.), de vastes temples furent construits sur la rive nord du lac afin d'accueillir les nombreux pèlerins venus d'au-delà des frontières de la Perse. Après la défaite de l'armée de Khosrow II par les Romains en 590 apr. J.-C., le temple fut détruit et son importance comme lieu de pèlerinage déclina rapidement. Durant la période mongole (628-624), une série de petits bâtiments furent érigés, principalement sur les rives sud et ouest du lac, et ceux-ci semblaient avoir été utilisés à des fins administratives et politiques plutôt que religieuses. Le site fut abandonné au XVIIe siècle pour des raisons inconnues et a été partiellement fouillé par des archéologues allemands et iraniens au cours des cent dernières années.
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Martin Gray est une anthropologue culturelle, écrivaine et photographe spécialisée dans l'étude des traditions de pèlerinage et des sites sacrés à travers le monde. Pendant une période de 40 ans, il a visité plus de 2000 lieux de pèlerinage dans 160 pays. Le Guide de pèlerinage mondial à Sacredsites.com est la source d'information la plus complète sur ce sujet.



